La science ouverte… mais à quel prix ? Le paradoxe de l’open access

Dans le domaine de la santé mentale, la question de l’accès aux connaissances scientifiques n’est pas un simple enjeu académique : elle a des conséquences directes sur la qualité de l’information disponible pour les professionnels, les journalistes et le grand public. Les campagnes de prévention, les recommandations cliniques ou encore les débats publics sur les troubles psychiques reposent largement sur des résultats de recherche.
Ça marche, « c’est prouvé » !

Dans les médias comme dans certains communiqués, une phrase revient souvent : l’intervention est efficace, car le résultat est statistiquement significatif (par exemple p < 0,05). Or, statistiquement significatif ne signifie pas utile, ni même visible dans la vie quotidienne. Ce glissement, très courant, ouvre la porte à des messages exagérés… parfois sans mensonge explicite.
Le paradoxe de la mesure de la santé mentale : quand mesurer transforme

Les chiffres de la dépression ou des autres troubles mentaux occupent aujourd’hui une place importante dans le débat public. Enquêtes après enquêtes, rapports après rapports, une même idée s’impose : la dépression serait en forte augmentation, voire devenue quasi-généralisée. Ces données, largement reprises dans les médias et les discours institutionnels, structurent nos représentations collectives de la santé mentale et orientent les politiques publiques. Leur force tient à leur apparente neutralité : elles sont chiffrées, comparables, cumulables et donc, en apparence, indiscutables.