Doit-on parler le même langage en santé mentale ?

Dans un champ aussi vaste que la santé mentale, et dont les frontières s’élargissent jour après jour, des concepts tels que « bien-être », « troubles psychiques », « rétablissement » possèdent des définitions multiples selon les disciplines, les contextes culturels et l’évolution des connaissances. Les acteurs qui les utilisent ne parlent pas forcément de la même chose non plus.
Parler « au nom des faits » ? Une illusoire neutralité

Dans l’espace public, les discours sur la santé mentale se présentent souvent comme neutres, fondés sur des faits, des chiffres ou des évidences scientifiques. Cette posture inspire confiance : elle donne le sentiment que ce qui est dit s’impose de lui-même, sans parti pris. L’effacement du locuteur est alors perçu comme un gage de sérieux et d’objectivité. Pourtant, parler de santé mentale sans se situer explicitement n’est jamais un acte innocent.