La médiation des savoirs n’est jamais neutre

La médiation des savoirs n’est jamais neutre. Mais les cadres éthiques qui prétendent la réguler ne le sont pas davantage : ils portent leurs propres angles morts, leurs propres présupposés culturels, leurs propres effets de pouvoir. C’est précisément pourquoi une approche critique de ces cadres n’est pas un luxe : c’est une condition de leur utilité réelle.

Comment bien communiquer les données de la recherche

Pour bien communiquer les données de la recherche, il semble nécessaire de le faire en transparence, c’est-à-dire en expliquant davantage les méthodes que les résultats, et en ajoutant aussi des informations sur les conditions de la recherche. Ces informations concernent à la fois le degré de similarité entre les conditions de la recherche et les conditions réelles qui, si trop éloignées, empêchent d’informer correctement la pratique.

Le cerveau comme preuve : quand les neurosciences deviennent un argument d’autorité

Un message peut être scientifiquement exact et produire néanmoins des effets non désirés sur les attitudes et les comportements du public. La recherche sur la stigmatisation montre que c’est précisément le cas du cadrage biologique exclusif. Un message honnête intègre ce que les données disent sur les effets de ses propres cadrages, y compris quand ces effets sont contraires aux intentions.

Suce ma bite, ferme ta gueule, sale nèg* : quand le quatrième mur tombe

En récompensant le film, les BAFTA validaient publiquement un récit de sensibilisation sur la réalité de la coprolalie et du syndrome de Gilles de la Tourette. Le message implicite était : voici une maladie mal comprise, il faut apprendre à la voir avec nuance et humanité. Mais lorsque cette même réalité s’est manifestée dans la salle via la personne réelle ayant inspiré le film, la réponse institutionnelle a été tout autre.

Une petite discussion avec ChatGPT

« Si je ne produis pas spontanément des réponses qui intègrent systématiquement leur propre critique, ce n’est pas parce que ce serait impossible. C’est parce que ça entre en conflit avec plusieurs objectifs fondamentaux du système : arbitrage, alignement, charge cognitive de la nuance, technique, gestion de l’implicite. »

Témoignages de rétablissement en santé mentale : pourquoi la success-story peut trahir ceux qu’elle prétend aider

La grande majorité des témoignages diffusés obéissent à une même structure narrative : rupture (le trouble survient), épreuve (la traversée de la difficulté), dépassement (la demande d’aide, le traitement, le travail sur soi), et résolution (le mieux-être retrouvé). Ce schéma en arc de cercle, qui ressemble beaucoup à celui des pièces dramatiques, est devenu un quasi-standard du genre : le fameux « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ».

Le paradoxe de la mesure de la santé mentale : quand mesurer transforme

En sciences humaines, mesurer n’est jamais un geste neutre. Les outils mobilisés (questionnaires, échelles, seuils) ne se contentent pas d’enregistrer des états psychiques préexistants. Ils orientent l’attention, structurent l’expérience, proposent des catégories à partir desquelles les individus apprennent à se décrire. Autrement dit, la mesure n’observe pas seulement la réalité : elle contribue à la façonner.