Quand les célébrités parlent de leur santé mentale

Le mouvement de parole des célébrités sur la santé mentale est désormais massif. Il est unanimement présenté comme une avancée dans la lutte contre la stigmatisation psychiatrique. Pourtant, la littérature scientifique dessine un tableau bien plus nuancé.

La littératie en santé mentale : genèse et pertinence d’un concept à la dérive

La littératie en santé mentale s’est imposée à la fin des années 1990 comme le concept pivot des interventions de prévention, en particulier dans les établissements scolaires. Pourtant, après plus de vingt ans de programmes éducatifs massifs dans des dizaines de pays, un constat s’impose : si les connaissances progressent un peu, la réduction du stigmate et le changement réel de comportements de recherche d’aide restent obstinément difficiles à obtenir.

Par Mickael Worms-Ehrminger.

Réseaux sociaux et santé mentale : entre opportunités et dérives, que dit la recherche ?

La relation entre réseaux sociaux et santé mentale ne se laisse pas résumer en une formule simple. Ces plateformes peuvent amplifier la désinformation et aggraver l’isolement, mais elles peuvent aussi corriger des idées reçues dangereuses, briser la stigmatisation, et connecter des personnes vulnérables à des ressources utiles. Ce qui fait la différence, ce ne sont pas les plateformes en elles-mêmes, mais la qualité des contenus qui y circulent, le type de communautés qui s’y forment, et la littératie en santé de ceux qui les fréquentent.

Favoriser le recours aux soins : les angles morts

Modifier les intentions ou les attitudes ne suffit pas nécessairement à modifier les comportements réels. Des chercheurs ont réalisé une revue systématique et méta-analyse de 13 essais randomisés portant sur des interventions destinées à améliorer le recours à l’aide chez des personnes présentant des symptômes dépressifs. Je vais résumer ici leurs résultats.

La médiation des savoirs n’est jamais neutre

La médiation des savoirs n’est jamais neutre. Mais les cadres éthiques qui prétendent la réguler ne le sont pas davantage : ils portent leurs propres angles morts, leurs propres présupposés culturels, leurs propres effets de pouvoir. C’est précisément pourquoi une approche critique de ces cadres n’est pas un luxe : c’est une condition de leur utilité réelle.

Changer ? Facile, un peu de volonté et c’est bon !

Changer est difficile et implique de multiples étapes. La première me semble être d’être en capacité d’identifier chez soi un problème. Ceci implique d’avoir conscience de soi de ses sensations physiques et émotionnelles, de ses besoins, envie et valeurs, mais aussi d’avoir accès à des sources d’informations permettant sans culpabilisation d’identifier qu’un changement doit être effectué.

Produire des contenus sur Instagram et Tiktok

De notre point de vue de créateur.ice.s de contenu, les défis qui nous restent à accomplir sur la question de la communication en santé mentale sont multiples : au niveau structurel des réseaux sociaux, en termes de de contenus, et sur la question de l’incarnation. C’est cette multiplicité de facteurs qui rend la création de contenu un terrain de jeu infini, mais aussi un exercice terriblement complexe et parfois cruel.

La prévention en santé mentale comme objectif de communication

Traiter de la place de la prévention dans la communication apparaît particulièrement important, si ce n’est évident. Capable d’adresser des messages directs à grande échelle, et potentiellement peu onéreuse rapportée à son coût par personne ciblée, il n’y a qu’un petit pas à faire pour estimer qu’une action de communication serait de facto une solution efficace.

Le danger du « catastrophisme d’atmosphère »

Le catastrophisme, défini par le ministère de la Culture comme l’« ensemble de comportements qui procèdent de la conviction de la survenue de catastrophes, d’origine naturelle ou anthropique, est probable et qu’il convient de prendre des mesures pour les éviter ou, à défaut, pour s’y préparer », semble être omniprésent dans les médias et, au-delà, dans l’espace public incarné par les médias traditionnels, mais aussi par les réseaux sociaux numériques, le monde de l’édition, les débats politiques, les représentations artistiques, etc.