C’est simple : 227 formes de dépression en 9 cases

Si vous avez un jour consulté pour des motifs psychologiques ou psychiatriques, il y a de fortes chances qu’on vous ait tendu un certain questionnaire. Si vous êtes clinicien, vous savez bien de quoi je veux parler puisque vous l’utilisez sans doute assez fréquemment. Idem pour les épidémiologistes et sondeurs.

Rédaction : Dr. Mickael Worms-Ehrminger

Mèmes et santé mentale sur les réseaux sociaux : anatomie d’un phénomène

Les mèmes sur la santé mentale sont de tout petits objets investis de très grandes fonctions : régulation émotionnelle, langage de l’indicible, ciment communautaire, outil de communication sanitaire, mais aussi amplificateur d’humeur négative, machine à ruminer, pourvoyeur d’étiquettes identitaires et vecteur de désinformation. La littérature disponible interdit la facilité : ni panique morale, ni angélisme.

Sensibiliser à en devenir malade : et si toi aussi, tu avais un TDAH ?

Plus on parle de santé mentale, plus les jeunes déclarent de troubles. Coïncidence, prise de conscience salutaire… ou effet secondaire de la sensibilisation elle-même ? Depuis quelques années, la recherche en psychologie accumule les indices d’un phénomène contre-intuitif : les campagnes d’information peuvent, chez des personnes en bonne santé, fabriquer de faux auto-diagnostics, voire des symptômes.

Lire les chiffres dans la communication sur la santé mentale

Pour les chiffres, piochez celui qui vous arrange. La santé mentale ne mérite-t-elle pas mieux que l’à-peu-près et le sensationnalisme imposés par une économie de l’attention fondée sur la simple indignation, la peur, le choc, le buzz ?

Quand les célébrités parlent de leur santé mentale

Le mouvement de parole des célébrités sur la santé mentale est désormais massif. Il est unanimement présenté comme une avancée dans la lutte contre la stigmatisation psychiatrique. Pourtant, la littérature scientifique dessine un tableau bien plus nuancé.

La littératie en santé mentale : genèse et pertinence d’un concept à la dérive

La littératie en santé mentale s’est imposée à la fin des années 1990 comme le concept pivot des interventions de prévention, en particulier dans les établissements scolaires. Pourtant, après plus de vingt ans de programmes éducatifs massifs dans des dizaines de pays, un constat s’impose : si les connaissances progressent un peu, la réduction du stigmate et le changement réel de comportements de recherche d’aide restent obstinément difficiles à obtenir.

Par Mickael Worms-Ehrminger.

Réseaux sociaux et santé mentale : entre opportunités et dérives, que dit la recherche ?

La relation entre réseaux sociaux et santé mentale ne se laisse pas résumer en une formule simple. Ces plateformes peuvent amplifier la désinformation et aggraver l’isolement, mais elles peuvent aussi corriger des idées reçues dangereuses, briser la stigmatisation, et connecter des personnes vulnérables à des ressources utiles. Ce qui fait la différence, ce ne sont pas les plateformes en elles-mêmes, mais la qualité des contenus qui y circulent, le type de communautés qui s’y forment, et la littératie en santé de ceux qui les fréquentent.

Favoriser le recours aux soins : les angles morts

Modifier les intentions ou les attitudes ne suffit pas nécessairement à modifier les comportements réels. Des chercheurs ont réalisé une revue systématique et méta-analyse de 13 essais randomisés portant sur des interventions destinées à améliorer le recours à l’aide chez des personnes présentant des symptômes dépressifs. Je vais résumer ici leurs résultats.

La médiation des savoirs n’est jamais neutre

La médiation des savoirs n’est jamais neutre. Mais les cadres éthiques qui prétendent la réguler ne le sont pas davantage : ils portent leurs propres angles morts, leurs propres présupposés culturels, leurs propres effets de pouvoir. C’est précisément pourquoi une approche critique de ces cadres n’est pas un luxe : c’est une condition de leur utilité réelle.

Changer ? Facile, un peu de volonté et c’est bon !

Changer est difficile et implique de multiples étapes. La première me semble être d’être en capacité d’identifier chez soi un problème. Ceci implique d’avoir conscience de soi de ses sensations physiques et émotionnelles, de ses besoins, envie et valeurs, mais aussi d’avoir accès à des sources d’informations permettant sans culpabilisation d’identifier qu’un changement doit être effectué.